Compagnie Albertine
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Création saison 2020 – 2021

Le spectacle devait être créé au Théâtre des Martyrs de Bruxelles du 24 septembre au 18 octobre 2020, en raison du Covid, les représentations ont été postposées en fin de saison, du 19 mai au 12 juin 2021 puis en 2022 !

Atelier Théâtre Jean Vilar (salle du Blocry) du 02 au 17 décembre 2021

Au Théâtre de Liège du 10 au 16 janvier 2022

19-Mai-2021 | 12-Juin-2021 Théâtre des Martyrs +

COPRODUCTION Albertine |  le Théâtre des Martyrs |  le Théâtre de Liège |  l’Atelier Théâtre Jean Vilar

Le texte de la pièce est publié chez Lansman Editions (2020)

 

Contact diffusion

Martine Potencier

00 32/ 476.75.94.64

00 33/ 6.81.86.56.74

Régie générale

Matthieu Kaempfer

00 32/496.64.64.78

Synopsis

Quand tu es revenu, je ne t’ai pas reconnu se présente comme une variation ludique pour deux acteurs entre réel et fiction, mythologie et fait divers, sur la façon d’être au monde à deux. L’histoire d’aventuriers qui, comme Ulysse, ont fait un long voyage et après avoir arpenté le monde, aspirent à regagner leur foyer. Celle d’héroïnes qui, après avoir expérimenté la liberté et roulé leur bosse, peinent à retrouver l’homme aimé et à partager le pouvoir et les rêves. Un dialogue jubilatoire et explosif sur le couple, ses étranges variations et ajustements.

Note d’intention de l’auteur

Depuis longtemps, je souhaite aborder la question du couple traditionnel, un pilier de notre organisation sociale, structure de protection et d’oppression à la fois. Il ne se confond ni avec l’amour, ni avec la famille. Pourtant il a à voir avec l’un et l’autre, mais surtout avec la liberté. Comment aimer et ne pas tomber dans l’aliénation ?

J’ai voulu initier un spectacle sur des hommes et des femmes qui s’aiment tout en voulant rester libres. Pour dépasser le cadre de l’anecdote, le mythe s’est imposé, celui-ci étant, par définition, démesuré, décalé, violent… et éclairant.

Dans nos familles, se loge parfois un être qu’on élève au rang de héros. Mon grand- père est mort, prématurément, bien avant ma naissance. C’était un scientifique qui a sillonné le monde, découvert une couche fossilifère au Congo, du méthane au fond du lac Kivu, le plus ancien reste d’homo habilis à Ishango et, plus tard, il a soutenu Moïse Tshombe au moment de la sécession katangaise en organisant une conférence des Nations-Unies. Durant toute mon enfance, on n’a cessé de me répéter combien il était exceptionnel.

Petite aussi, dans cette famille où il n’y avait que des hommes, j’entendais mon père dire que la plus belle des histoires était l’Odyssée, l’errance interminable d’un homme qui rêve de retrouver sa terre natale. Longtemps, je l’ai cru, puis, un jour, je l’ai lue. Je l’ai détestée. Si le retour d’Ulysse est fascinant, fruit du courage, de l’intelligence et de la détermination du héros, il l’est surtout, pour moi, par son incongruité et son machisme. Lorsqu’il rentre à Ithaque, il a tellement changé, Pénélope ne le reconnaît pas. Il ne lui a pas été fidèle, la seule chose qui le préoccupe est de savoir si elle l’a été. Le regard qu’il pose sur le royaume qu’il retrouve est négatif : mal géré par son épouse durant son absence, pillé par les prétendants. Il ne voit d’autre issue que de supprimer tous ses opposants : ceux qui ont tourné autour de Pénélope et ceux qui l’ont trahi. Pénélope, qui n’a pas assisté au massacre parce qu’elle dormait, le reconnaît soudain. Tout reprend son cours, comme si ces vingt ans n’avaient jamais eu lieu.

La figure de Pénélope est tragique. En l’absence de son mari, elle conquiert le monde du dehors, éduquant seule Télémaque, gérant le royaume. Elle est un objet de désir, elle contient les prétendants, différant et organisant leur plaisir. Au retour d’Ulysse, elle est renvoyée à son rôle de trophée de son mari et ravalée au monde du dedans. Ainsi, si Pénélope ne reconnaît pas Ulysse, Ulysse, lui non plus ne la reconnaît pas pour ce qu’elle est devenue.

Quand tu es revenu propose un angle plus large par la multiplication des points de vue, inscrivant les déclinaisons d’Ulysse et Pénélope sur la ligne du temps (le mythe, l’histoire, l’ici et maintenant) et veut traiter du couple, mirage de la fusion où se joue l’affrontement ancestral de l’homme et de la femme pour la liberté.

"Est-ce qu’on peut partir et revenir ? En amour, je veux dire. Pour le reste, oui, on peut partir et revenir. Je pars à la montagne, je reviens. Je pars chez ma mère, je reviens. Je pars pour les courses, je reviens. Et je pense à mon grand-père, le père de mon père, que je n’ai pas connu, qui disait à ma grand-mère : « Pourquoi tu t’inquiètes, je reviens toujours ? »
Geneviève Damas

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